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Devenir naturopathe, pourquoi ? Et quels débouchés ?

Naturopathe depuis 1 an, je suis diplômée de l’école parisienne Isupnat et de la fédération Fenahman, affiliée au Syndicat des Professionnels de la Naturopathie (SPN). Bilan et rapport d’émerveillement à destination de celles ceux qui se posent des questions :

Presque chaque semaine, je reçois des questions sur les formations de naturopathie par email, sur les réseaux sociaux ou par un coup de téléphone. Ces étudiants en devenir me trouvent grâce à La naturopathie pour les nuls, que j’ai publié en juin dernier chez First Editions. Ils veulent savoir où se former et surtout… à quoi ressemble le métier après la formation.

Plus de 500 naturopathes sont certifiés chaque année. Les écoles prennent dès maintenant les inscriptions pour septembre 2017 tant l’intérêt est grand pour la pratique, revenue sur le devant de la scène. Autant de personnes qui risquent d’attendre désespérément le client dans leur joli cabinet qui sent bon les huiles essentielles.

Un enseignement fabuleux…

Venue à la naturopathie après avoir réglé d’importants problèmes de sommeil qui me gâchaient la vie depuis 28 ans j’ai engagé des réformes profondes puis j’ai décidé de me former, sans trop savoir ce qui m’attendait. J’ai appris une médecine de bon sens, préventive et profondément juste pour l’organisme. Des clés pour moi et pour mes proches. J’ai la chance d’avoir réussi ma reconversion, en fusionnant mes anciennes compétences (la communication, l’écriture, les relations publiques) avec mes nouvelles amours (la naturopathie et la psychologie énergétique), ce qui me permet aujourd’hui de vivre de mes différentes activités en bonne slasheuse.

Pour se former il faut compter 18 mois en temps plein ou 3 ans 1/2 en temps partiel. Le temps de cours effectif est réparti sur une dizaine de mois / 3 ans mais il faut faire au moins 1 stage, un mémoire et se préparer à l’examen de la fédération (optionnel mais conseillé). J’ai choisi de le faire en 3 ans ½ et je ne l’ai pas regretté, le programme est très dense, surtout si on n’a pas fait un cursus scientifique (je suis une littéraire, parcours artistique et com.). Il faut intégrer tous les concepts et tester les différentes cures avant d’être capable de les recommander.

Notez que dans ma promotion une partie des étudiants ont abandonné en cours de route : trop de travail personnel, agendas incompatibles avec le travail, manque de motivation, difficultés à concilier la vie de famille etc … On trouve les mêmes statistiques dans beaucoup de formations. Il existe aussi des cours à la cartes pour ceux qui ne veulent voir que certains thèmes.

… Qui donne un goût de trop peu.

Rares sont les naturopathes qui s’arrêtent là, nous sommes formés comme des généralistes pour être en mesure de se représenter une vision d’ensemble lors du bilan de vitalité (nom de la consultation). Certains se spécialisent en aromathérapie, en réflexologie, en massages, en psychothérapie, etc… J’ai choisi d’acquérir l’outil EFT pour travailler sur les émotions, je continue de me former en psychothérapie par modules, au long cours (psychopathologie et psycho-développement de l’enfant cette année) et également en Ayurveda.

Au printemps dernier j’ai traversé une phase difficile, où j’avais l’impression que je n’aurai jamais fini de me former et que je serai une éternelle étudiante… Avant de me rendre à Barcelone au Congrès mondial de naturopathie ICNM (dont j’ai l’honneur d’être secrétaire générale bénévole depuis 2 ans maintenant, changement d’équipe bientôt), là bas j’ai réalisé que celles et ceux qui venaient partager leur pratique ont TOUS de multiples casquettes, et que ce genre de formations ne sont jamais vraiment terminées et tant mieux !

Des clients qui se font rares

Les Français sont habitués à être remboursés pour leurs frais de santé, pour les consultations comme pour les médicaments. Mettre la main à la poche pour un rendez-vous non conventionné n’est pas chose facile même si certaines mutuelles en prennent en charge une partie. Ils n’ont pas non plus l’habitude d’être bousculés, puisque la médecine conventionnelle ne leur dit pas encore de bouleverser leur quotidien pour retrouver la santé (ça bouge un peu, heureusement). Il m’est arrivé d’avoir au téléphone des personnes qui m’appelaient pour se renseigner sur la consultation, et, comprenant ce que cela recouvre d’efforts et d’implication de leur part finissaient par : « oh bah non alors, c’est trop compliqué. » ☺

Le tarif de la consultation se justifie par le temps passé en rendez-vous (1h à 2h selon les naturopathes), la personnalisation de la cure et la quantité d’informations délivrées en un seul rendez-vous (les rendez-vous de suivis sont optionnels).

Notez que nous sommes assujettis à 20% de TVA car la pratique n’est pas assimilée à une profession médicale en France.

Ok. Alors on fait quoi ?

On se forme si on a envie de se lancer, parce que très souvent cette formation répond à  des besoins personnels de sens et de prise en main de sa propre santé/de celle de sa famille. On choisi une formation courte et pratique si on veut juste acquérir les rudiments, une formation plus longue et certifiée par une fédération si on envisage peut être d’en faire un vrai métier (la reconnaissance de la pratique passera probablement par les fédérations dans les années à venir).

On continue son job actuel ou on trouve des options « passerelles » pour basculer sereinement vers son futur métier.

Notez que certains naturopathes n’osent pas se lancer une fois les études terminées. J’ai travaillé en boutique biologique à temps partiel pendant ma formation, ce qui m’a permis de me familiariser avec les demandes particulières, il est essentiel de se mettre à l’aise avec le contact client-praticien le plus rapidement possible.

Ouvrez-vous au monde !

La naturopathie est reconnue par l’OMS comme médecine préventive, comme l’Ayurveda et la Médecine Traditionnelle Chinoise. Reconnue chez beaucoup de nos voisins européens, en France elle est seulement « tolérée », mais aussi un peu moquée et un peu fliquée.

J’ai fait un stage à Hawaï et un autre en Indonésie, dans des cliniques en naturopathie, j’enrichis ma pratique chaque année grâce au Congrès ICNM où je rencontre des naturopathes du Kenya, d’Australie, du Japon, des Etats-Unis ! Ne restez pas enfermés dans une vision limitante de la pratique, en constante évolution hors de nos frontières.

Créez des ateliers, donnez des conférences en entreprise, proposez des rencontres ludiques autour de la naturopathie pour les enfants… Si les gens ne sont pas prêts à venir en consultation, rencontrez-les sur leur lieu de travail en passant par les comités d’entreprise, soyez créatifs ! Rencontrez-vous et co-créez aussi des ponts avec d’autres pratiques.

Enfin, ne restez pas seuls avec vos questions et vos interrogations face à ce beau métier que vous avez choisi/auquel vous avez envie de vous former. J’ai créé les Networking Naturopathie au bar à Tisane/herboristerie Naturathéra à Paris chaque 1er jeudi du mois. Entrée gratuite. Vous venez ?

 

Photo : Rathoren.
Livre : You are a badass, Jen Sincero

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