14.manger le midi

Bienheureuse détox !

Pourvu que dure ce mouvement healthy qui gagne du terrain pour notre plus grand bien ! Hop, à l’automne et au printemps, la détox est sur toutes les lèvres…. Et tant mieux, les rythmes de vie trépidants que nous vivons aujourd’hui, particulièrement dans les villes de plus en plus polluées, sont extrêmement difficiles à gérer pour nos organismes qui se retrouvent saturés. ON APPUIE SUR PAUSE. 

Notre alimentation a plus changé ces 6 dernières décennies que pendant les 5 millions d’années précédentes, 80 % de nos aliments sont aujourd’hui d’origine industrielle. Ils sont transformés et renferment des éléments complexes à digérer : des pesticides, des agents de textures, des conservateurs, des colorants… Les cosmétiques que nous mettons sur notre peau contiennent aussi leurs lots de toxiques, tout comme l’air que nous respirons et les produits ménagers que nous utilisons. Et qui aujourd’hui arrive à faire du sport plusieurs fois par semaine et à s’échapper le weekend pour respirer l’air frais de la montagne ou de la campagne ? Pas facile de trouver son équilibre. Lorsque tout fonctionne correctement, le corps arrive tant bien que mal à se débarrasser de toutes ces toxines mais il reste toujours des résidus et notre corps s’épuise.

> Quels sont les risques lorsque la machine s’enraye ?

  • Notre système immunitaire s’affaiblit et nous faisons le lit des maladies opportunistes ou saisonnières,
  • Nous développons des allergies,
  • Notre teint est terne, nos yeux sont cernés et notre peau sature,
  • Nous vieillissons prématurément,
  • Nous ne sommes plus aussi enthousiastes qu’avant, nous dormons moins bien, nous nous sentons lasses,
  • Nous risquons des troubles plus graves et dangereux pour notre santé.

 

« Arrêtez le mal avant qu’il n’existe, calmez le désordre avant qu’il n’éclate. » Lao-Tseu.

Au-delà d’une vraie réflexion qu’il faut avoir en tête sur son alimentation et ses choix de vie pour rester en bonne santé physique et mentale, il est bon de temps en temps s’octroyer une vraie pause et prendre du recul sur ses habitudes. Faire une détox, c’est surtout adopter de nouveaux réflexes sur une période plus ou moins longue, allant de quelques jours à quelques semaines. Une parenthèse pendant laquelle on consommera les aliments les plus naturels possibles, où l’on pratiquera une ou plusieurs activités sportives et où l’on prendra le temps de respirer et de se détendre !

– Challenge… À l’heure où j’écris cet article on est encore en septembre : chiche de prendre rendez-vous avec vous dans votre calendrier les 3 prochains trimestres ? Une journée par semaine, un weekend par mois, une semaine par trimestre… À vos agendas ! –

 

Quels sont les avantages de la détox ?

Avantage #1

La mise au repos du système digestif et son assainissement, de l’estomac au côlon. Dites au revoir aux ballonnements, gazs et autres inconforts intestinaux…

Avantage #2

L’élimination des déchets qui surchargent le corps. Tout le trop plein accumulé est invité à sortir par les différentes portes de sortie : on stimulera la peau, les organes digestifs, les reins et les poumons.

Avantage #3

L’énergie qui n’est pas utilisée pour digérer est disponible pour le reste de l’organisme qui peut alors réparer nos déséquilibres un peu partout dans notre corps.

 

Les autres avantages :

– La reconnexion à ses sensations (de satiété, de faim, de plaisir)

– Un regain d’énergie, on se sent de nouveau disponible pour accomplir de nouveaux projets, comme prendre soin de soi !

 

Pourquoi faire une détox à l’automne ?

Laisser aller les excès de l’été, accueillir l’hiver et se permettre de vivre la saison pleinement, faire la place aux changements organiques. L’automne est le bon moment pour assainir nos intestins qui, rappelons-le, sont en grande partie responsable du bon fonctionnement de notre système immunitaire ! Demandez conseil à votre naturopathe et évaluez votre niveau de vitalité : alimentation légère et dissociée (misez sur les produits frais de saison), monodiète de fruits, de légumes ou de jus, jeûne… c’est vous qui voyez ! Peut-être vous lancerez-vous dans une cure de nettoyage du foie (artichaut-radis noir en ampoules, la forme liquide étant rapidement assimilée par l’organisme + bouillotte sur le ventre à droite du côté du foie le soir) ?

Plus d’infos ici sur la fameuse cure de raisin automnale.

 

Oser se lancer

La détox intrigue et peut faire peur, car elle s’accompagne d’effets secondaires pas toujours plaisants (petits boutons, maux de têtes, perturbation du sommeil…). En remettant les toxines en mouvement, il faudra s’assurer qu’elles sont bien éliminées. Si une « vraie » détoxification se fera plutôt sous forme de cure, avec un accompagnement personnalisé en naturopathie, vous pouvez adopter seul un programme graduel au fil de vos lectures. Les besoins de chacun sont différents, sachez respecter vos limites et écouter votre corps.

Les enfants, les femmes enceintes ou qui allaitent et les personnes souffrant d’affections lourdes ne doivent pas suivre une détox avec une restriction alimentaire importante. Néanmoins, les jus de légumes, s’ils ne sont pas les seuls aliments consommés, sont largement recommandés pour leurs vitamines, leurs enzymes et leur cocktail d’anti-oxydants 😉

 

Pour en savoir plus, découvrez le cahier La détox pour les nuls

Bienheureuse détox ! 1

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Kéfir, kombucha, fermentation alimentaire… Pourquoi et comment se lancer !

Mon périple en Asie se poursuit (je suis actuellement au Vietnam à Hoi An), et mes découvertes culinaires aussi ! Extrêmement reconnaissante à mon système intestinal de me suivre dans mes aventures depuis bientôt 3 mois, je vais de noddles en banh mi, de fritures en douceurs improbables, sans trop de difficultés digestives… Je n’ai pas toujours aussi bien digéré, ma découverte de la naturopathie il y a 6 ans m’a permis d’apaiser mes intestins et d’acquérir les bons réflexes pour corriger le tir lorsque je sors de la route. Un équilibre essentiel lorsque l’on connait l’importance de nos intestins pour notre immunité générale… mais aussi pour notre état émotionnel !

De passage à Pai pour quelques semaines (charmante ville au nord de la Thailande), j’ai croisé une école de fermentation, fondée par Mr Kay, ukrainien-américain qui a posé ses valises là-bas depuis 14 ans. Élevé au kombucha super nature grâce sa grand-mère et aux aliments fermentés pour traverser les hivers longs en Ukraine, c’est un convaincu en pleine forme. Il a créé un restaurant (Good Life) et une marque de Kombucha du même nom qui se vend très très bien localement (il vend 5 à 7 caisses de bouteilles par jour en haute saison). Cinq élèves sont présents ce jour-là, tous de pays différents : Taiwan, Afrique du Sud, Allemagne, Inde et France. Le Taïwanais nous raconte qu’il voyage avec son kéfir depuis 2 mois, et qu’il n’a pas eu de “runny poo” (selles molles, diarrhée) depuis qu’il a commencé, le décor est posé. On parle gazs, constipation, difficultés à digérer depuis de nombreuses années ou simplement en voyage, finalement tout le monde recherche la même chose : la paix intestinale.

 

Les bactéries sont nos amies 

Dans un environnement stérile, pas de vie possible. Dans nos sociétés évoluées, nous sommes de pauvres fous qui faisons la chasse aux bactéries (antibio, solutions hydro alcooliques, javel…) oubliant qu’elles étaient là avant nous. On tue aussi toute vie quand on cuisine, par la chaleur et la transformation de la plupart des aliments disponibles en supermarché. De moins en moins d’aliments fermentés sont consommés, sauf dans les grandes villes qui ont des boutiques bio et des marchés bobo, où ils reviennent en force. Parallèlement, les gens sont de plus en plus malades, et la plupart des clients que les naturopathes reçoivent en consultation ont des problèmes intestinaux.

Le charme discret de l’intestin a un peu moins de secrets grâce à Guilia Enders et son excellent livre ! On parle aussi beaucoup plus de prébiotiques et de probiotiques depuis quelques années (puisqu’on y vient, à la question : faut-il prendre des probiotiques ? >> une réponse ici).

Avec quelques cent mille milliards (100 000 000 000 000…) de cellules, notre microbiote (flore intestinale) un acteur clé de notre équilibre. Il joue un rôle dans la croissance, la physiologie, la nutrition, le métabolisme et l’immunité…. Sur TOUT ! On comprend mieux pourquoi le kéfir fait aussi sensation chez les blogueuses beauté soucieuses de se débarrasser de leurs boutons d’acné. Les milliards de micro-organismes qui vivent dans nos intestins cohabitent en bonne intelligence quand tout se passe bien, le microbiote intestinal exerçant en permanence un travail colossal. Nous ne sommes pas tous égaux, selon que nous sommes nés par les voies naturelles ou par césarienne, que nous ayons été allaités ou non, que nous ayons pris des antibiotiques fréquemment ou à des doses importantes, selon les habitudes alimentaires du foyer où nous avons grandi…

 

 Mr Kay nous raconte qu’en Ukraine on fait jouer les enfants en bonne santé avec les enfants malades, parce que les enfants malades bénéficient des bactéries amies des enfants sains, et les enfants sains renforcent leur immunité… Si on ne peut pas empêcher le développement des mauvaises bactéries, on peut choisir de développer les bonnes.

Kéfir, kombucha, fermentation alimentaire... Pourquoi et comment se lancer ! 2

 

Pourquoi la fermentation ?

1 – Si je parle de fermentation on me répond… alcool ! C’est la raison #1 pour laquelle on fermente aujourd’hui, en tête de liste. Si ça ne tenait qu’à moi, tout le monde passerait au Kombucha, les soirées seraient plus folles.

2 – La conservation des aliments, surtout dans les contrées froides où ils sont stockés pour l’année.

3 – Les trésors nutritionnels des produits fermentés, leurs bonnes bactéries. Le fromage, les yaourts, le jambon, la sauce soja ou encore le pain au levain sont aussi des aliments fermentés !

4 – Les goûts, complexes et intéressants à découvrir, les possibilités infinies (Kimchi <3)

5 – Les économies, tant en matière d’alimentation pour se nourrir que d’économies en compléments alimentaires. Une portion de choucroute équivaudrait à 1 gélule de probiotique.

 

Comment fonctionne la fermentation ?

Les aliments fermentés sont des aliments qui ont été transformés par des micro-organismes : bactéries, levures, moisissures, champignons. La fermentation se déroule le plus souvent en milieu dit anaérobie, sans oxygène. L’aliment fabrique des molécules pour tuer les microbes (alcool, acides…) mais aussi des vitamines, des substances aromatiques et des bonnes bactéries. Il semblerait que l’on puisse quasiment tout fermenter, je vous recommande l’excellent blog et le livre NI CRU, NI CUIT de Marie-Claire Frédéric, un must read !

On trouve aussi des groupes Facebook dédiés à la fermentation et à l’échange des précieux champignons (riches de conseils pour se lancer) mais également des sites pour s’équiper (même si on trouve facilement les ustensils nécessaires : passoire, pots en verres…).

 

Kéfir, kombucha, fermentation alimentaire... Pourquoi et comment se lancer ! 3

 

Le kéfir

C’est une boisson légèrement gazeuse issue de la fermentation du lait, d’eau sucrée ou de jus de fruits sucrés. Dans le cas du lait, les bactéries se nourrissent du sucre du lait : le lactose. Pas de problème de lactose pour les intolérants, j’en consomme depuis une dizaine de jours en petite quantité deux fois par jour et je n’ai pas eu de difficultés (j’évite les produits laitiers depuis plus de 20 ans). Ensuite on peut se lancer dans le fromage frais, les yaourts… et aromatiser selon ses goûts. Il est possible d’utiliser des laits végétaux mais c’est plus compliqué, il semblerait que les grains de kéfir aient besoin de temps en temps de lactose pour continuer à se multiplier (à confirmer).

On raconte que si l’on consomme trois fois par jour une petite quantité de kéfir pendant 21 jours, que l’on évite de diner tard et qu’on ne consomme pas d’alcool pendant cette période, la flore se modifie radicalement. On essaie ?

Quel est le risque ? Principalement la détox… Sur les organismes “encrassés”, les déchets sont invités à sortir par les portes de sortie (selles, transpiration, boutons…), à mesure que les intestins deviennent de plus en plus sains. Je vous invite à creuser alors sur les thèmes de la détox pour accompagner les petits désagréments.

>>> Plein d’infos ici pour maîtriser l’art du kéfir
Comme pour le kombucha, il y a quelques règles à respecter avant de se lancer pour ne pas tuer rapidement ses champignons.

 

Le (ou la) kombucha

Mon chouchou. C’est une boisson acidulée d’origine mongole, obtenue grâce à une culture symbiotique de bactéries et de levures fait de thé + de sucre blanc ou miel* (ce dernier est excellent, mais plus cher à produire, Mr Kay le propose aussi, c’est la rolls des kombucha), on peut l’aromatiser ensuite. Il est traditionnellement préparé en Russie et en Chine avec du thé vert ou thé noir. À Saint Petersbourg, on s’en sert même à l’hôpital sur les brûlures. Et de plus en plus de personnes l’utilisent aussi comme agent nettoyant à la maison, comme du vinaigre.

*Attention un kombucha commencé avec du miel pourra être nourrit avec du sucre et devenir un kombucha au sucre, mais le contraire n’est pas possible.

Les bienfaits du kombucha :

> équilibre le pH
> protège et détoxifie le foie (attention aux effets détox mentionnés plus haut)
> dynamise + exerce un rôle anti-oxydant et anti-inflammatoire grâce au thé qu’il contient

 

Recette de kombucha (Garlone Bardel, Recettes gourmandes détox)

Vous aurez besoin du matériel suivant :
1 tasse qui servira de mesure
2 contenants en verre épais pouvant contenir 13 tasses
1 cuillère en bois
1 tissu fin et propre
des bouteilles résistants à la pression (type bouteille de bière, de champagne…)

Ingrédients
12 tasses d’eau (non chlorée et non traitée avec des produits chimiques)
1 tasse de kombucha
1 symbiote de kombucha actif (ou mère de kombucha)
1 tasse de sucre de canne biologique
6 c à thé de thé noir ou de thé vert (sans arômes ajoutés) et biologiques

  • Préparation
    Stériliser les contenants en verre, le tissu, la cuillère et la tasse.
    Porter l’eau à ébullition dans une grande casserole. Ajouter le thé et de sucre hors du feu et mélanger pour obtenir une infusion très concentrée.
    Laisser le mélange tiédir (on doit passer en deçà de 30°C).
    Verser une tasse de kombucha et le symbiote dans le pot en verre stérilisé. (La symbiote doit avoir de la place et ne pas se retrouver coinçée à l’endroit ou le pot se rétrécit vers le haut). Placer le tissu sur le pot en verre et verser à travers le tissu l’infusion de thé sucré.
    Jeter les résidus de thé qui ont été retenus par le tissu, essorer le tissu et replacer sur le pot et fixer avec un élastique. Cela protège la kombucha de la poussière, des insectes mais aussi implique une respiration particulière de la kombucha qui évite l’éclatement du pot en verre. C’est donc très important.
    Placer maintenant la kombucha à l’ombre ou mieux dans l’obscurité dans une pièce qui se situe entre 20 et 30 °C et laisser fermenter quelques jours. Selon la température, le kombucha évoluera plus ou moins vite. De temps en temps, vérifier l’évolution, goutez et dès que le goût de la kombucha vous satisfait. Si la kombucha fermente trop longtemps, le goût sera vinaigré. Il convient de bien surveiller.
    A l’embouteillage, séparer le symbiote en deux et conserver le nouveau (plus pale et plus jaune).
    Le vieux symbiote peut être donné à un ami qui veut faire sa propre kombucha, ou être consommé ou encore jeté au compost.
    Il est très important de ne jamais bouchonner une bouteille si n’avez pas la certitude qu’elle pourra résister à la pression générée par les gaz carboniques sans risquer d’éclater.
    Par ailleurs, les bouteilles ne doivent pas être laissées à température ambiante mais directement réfrigérées après l’embouteillage.
    Une fois embouteillée et réfrigérée, vous avez plusieurs semaines pour consommer la kombucha.
    Et vous disposez d’un mois environ pour utiliser le symbiote avant que la kombucha ne devienne du vinaigre.
    La première fois, pour se procurer un symbiote, il est possible d’en acheter en ligne ou peut-être de s’en procurer auprès d’un ami adepte de cette boisson!
    Enfin, à aucun moment la kombucha ne doit être au contact avec du métal (aluminium principalement). Vous devez avoir les mains parfaitement propres tout au long de cette préparation et bien rincées. Pas de traces de savon !
    Si la kombucha était contaminée à un moment ou à un autre du processus, elle perdrait sa couleur (blanc-beige) et perdrait sa texture lisse et caoutchouteuse à la surface. Les filaments bruns qui se forment dessous sont eux normaux. Mais si la surface se modifie et change de couleur, alors, ne prendre aucun risque et jeter cette culture.

 

Sinon, la marque Karma Kombucha en propose de très bons disponibles en boutiques bio, en plus d’une ou deux marques allemandes moins audacieuses au niveau des goûts. Je me demande quand le kombucha arrivera enfin dans les brasseries et les bars parisiens… #addict. Pour avoir beaucoup voyagé ces dernières années, j’ai pu observer que le kombucha est largement mieux diffusé aux USA/Canada (de nombreuses marques) et dans les destinations healthy (Bali, Hawaï… mais aussi Londres, pourtant pas si loin mais dont l’offre en alimentation santé est tellement plus variée).

 

Kéfir, kombucha, fermentation alimentaire... Pourquoi et comment se lancer ! 4J’ai fait le plein de bonnes bactéries pendant mon séjour. De retour à Paris prochainement je tenterai le kombucha, le kéfir d’eau et quelques conserves… Rien ne vaut l’expérience dans le domaine de la fermentation. Si vous avez des questions pointues, on se retrouvera je crois sur les groupes Facebook 🙂

 

Enfin, tant qu’à faire, ne passez pas à côté de >>> cet article de la semaine dernière sur La Minute Papillon.

Bonus : vous êtes voyageur/nomade et vous avez envie de vous lancer sur la route ? Je vous invite à lire cet excellent article, expérience d’une américaine avec son compagnon water-kéfir >>> How to Travel the World and Never Get Food Poisoning

Et des free ebooks en anglais >> here.

 

Yoga cookbook quote 1

La meilleure nourriture est celle qui me convient. Comment la définir et l’intégrer à mon quotidien ?

S’il y a bien une chose que j’ai apprise ces dernières années avec mes formations en naturopathie et en Ayurveda, c’est que nos différences sont aussi dans l’assiette… Impossible de mettre tout le monde à la même enseigne. À l’occasion de la sortie de l’ouvrage YOGA COOKBOOK (tout bientôt !), je partage ces quelques lignes qui nous permettent de nous poser les bonnes questions et de trouver ce qui nous fait du bien.  Commencez par une petite chose et appréciez ses effets sur votre vie… 

Il y a une notion essentielle sans laquelle on peine à comprendre ce que le yoga peut faire pour nous. Celle de dharma. Il n’existe pas de traduction littérale, mais cela signifie en substance « fidélité à notre vraie nature ». Spinoza est le philosophe occidental qui a probablement le mieux interrogé et saisi ce qu’est le dharma. Il dit que lorsqu’on
touche, qu’on rend hommage, qu’on sert, qu’on entre dans sa vraie nature, on éprouve la joie. C’est l’infidélité à notre vraie nature qui crée les troubles. Or, le yoga nous met en relation avec elle. Il « imprègne » le corps de conscience, augmentant ainsi les capacités de discernement et d’intuition. Et lorsqu’on rend justice à sa vraie nature, les choix justes se font naturellement. Le yoga nous met en relation avec nous-même et nous indique les chemins qui sont les nôtres. Toutes les indications dans le domaine de l’alimentation ne sont justes que si elles sont considérées en fonction des particularités et des besoins de chacun. Elles sont une source d’inspiration et non un carcan. Ce sont des règles du jeu à entrées multiples. Les éprouver, les ressentir avec attention et discernement permet de définir où est l’équilibre pour soi. Équilibre qu’il est préférable de maintenir avec souplesse et une juste capacité d’adaptation.

À chacun de prendre ce qui lui convient. Être découragé parce que la tâche semble de trop grande ampleur et/ou trop éloignée de ses habitudes serait une erreur. Il s’agit de tirer le fil, de commencer, d’être dans l’intention d’évoluer. S’intéresser à un aspect (une recette, son caractère yogique, ses bienfaits pour la santé) met déjà en relation avec l’ensemble auquel il appartient.

Nourrissez votre curiosité, adoptez des habitudes nouvelles et le corps, si vous lui prêtez attention, saura dire s’il s’en trouve mieux. Commencez par une petite chose et appréciez ses effets sur votre vie. La première étape appelle naturellement une autre, puisque c’est dans la nature humaine d’être perpétuellement en quête d’évolution.
Le juste effort dans le yoga est associé à la mesure, qui se traduit par l’attention au ressenti qui vient tempérer les excès.
Et si malgré le souhait de bien faire et de se nourrir sainement il peut arriver de se laisser aller aux appels des nourritures plus néfastes, regardez l’envie rebelle qui se présente et acceptez-la plutôt que de culpabiliser et de créer un étant de conflit intérieur qui vous éloignera de votre nature profonde. Manger avec plaisir une nourriture tamasique* est un moindre mal. La paix retrouvée, il est de nouveau possible de se remettre en lien avec vos ressentis profonds, qui ouvriront alors la porte vers de meilleurs choix.

Quelques points de repère clés pour trouver l’alimentation qui vous convient :

  1. Observez les habitudes alimentaires héritées de votre famille et de votre environnement socioculturel. Sont-elles toujours adaptées à votre vie ? Si ce n’est pas le cas, dans l’ensemble ou pour parties, définissez les nouvelles habitudes souhaitées et cultivez-les avec enthousiasme pour engager un nouveau départ.
  2. Restez à l’écoute du corps, notez quand la nourriture vous fragilise ou vous fortifie et tirez-en vos propres conclusions.
  3. Adaptez vos objectifs à votre réalité… Dans ce livre, nous nous appuyons sur les textes fondateurs du yoga qui s’adressent à des yogis expérimentés pratiquant leur sadhana plusieurs heures par jour et dont tous les aspects de la vie y participent. Un occidental qui pratique un ou deux cours hebdomadaires n’aura pas ce niveau d’exigence pour son alimentation mais pourra en faire une source d’inspiration qu’il saura adapter à sa juste mesure.
  4. Restez souple : gardez à l’esprit que ce qui agit en profondeur, c’est ce qui est répété jour après jour. Il s’agit de persévérance, abhyasa, qui est une valeur maîtresse du yoga. La capacité à faire des écarts en lien avec la vie sociale et familiale est aussi un signe de souplesse. Rester souple et cultiver une capacité d’adaptation sans rigidité est une qualité yogique essentielle. Pour cela, gardez un esprit critique et faites la nuance entre des nourritures profondément néfastes (celles que vous ne souhaitez pas consommer, même à titre occasionnel) et des aliments peu satisfaisants que vous avez l’habitude d’éviter mais dont les effets issus de consommations exceptionnelles ne pèsent pas lourd.
  5. À chacun de savoir où il en est : un corps fatigué, fragilisé, malade et au feu digestif affaibli aura intérêt à se préserver davantage en privilégiant une nourriture saine. Un organisme en parfaite santé et doté d’un excellent feu digestif sera en mesure de métaboliser des nourritures inadaptées et de les éliminer, pour autant que ce soit occasionnel.

*tamasique : tamas est la qualité d’inertie, de passivité, de lourdeur, d’ignorance / sadhana : « discipline », pratique personnelle qui induit la notion d’effort pour atteindre un objectif.

 

La meilleure nourriture est celle qui me convient.  Comment la définir et l’intégrer à mon quotidien ? 5

Extrait du YOGA COOKBOOK

108 recettes inédites,
délicieuses et rapides, pour
concilier plaisir et santé 🙂

Garlone Bardel, Anne-Claire Meret  – Thomas Dhellemmes (photographies), Sandrine Boumier (illustrations) – Disponible le 5 octobre, Ed. Ulmer

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